Wandercraft, le robot des héros

Wandercraft est une société française spécialisée en robotique et basée à Paris. Depuis quatre ans et demi, plusieurs ingénieurs travaillent sur la création d’un exosquelette inédit. Ce dernier pourrait venir en aide à des personnes atteintes de handicaps variés en essayant, par exemple, de les faire marcher à nouveau.

Alors que la révolution robotique a déjà débuté depuis plusieurs années dans des pays comme le Japon, l’entreprise Wandercraft prouve que la technologie française, elle aussi, se porte bien. Créé en 2012 par trois jeunes compères diplômés de l’école Polytechnique, Nicolas Simon, Alexandre Boulanger et Matthieu Masselin, Wandecraft était un projet très ambitieux.

« Aujourd’hui, nous avons faits des pas de géant. On compte près de 25 ingénieurs, tous spécialisés en robotique. Nous avons déjà réalisé un premier modèle d’exosquelette, l’Atalante. Nous sommes en train de conclure les premières cessions d’essais cliniques. Elles sont très prometteuses. Dès 2018, notre robot servira d’abord en centre de soins spécialisés, la sortie pour le grand public suivra normalement », déclare Jean-Louis Constanza, ingénieur, membre et administrateur de l’équipe de Wandercraft.

Concrètement, l’exosquelette se fixe autour de la taille du patient et le long de ses jambes. Le premier dispositif pèse 32 kilos et possède plus de 12 moteurs qui permettent à l’usager de se lever, de marcher et de s’asseoir. La machine est aussi capable d’avancer seule, sans personne à son bord.

 

Exosquelette Atalante, Dispositif d'aide à la mobilité développé par Wandercraft. © Wandercraft

L’exosquelette pourra monter des marches. © Wandercraft

« Ce mécanisme est essentiel pour des handicaps réduisant l’usage des jambes. Le robot peut répondre aux besoins de patients ayant des lésions partielles ou non de la moelle épinière. Il viendra aussi en aide à des personnes atteintes de paraplégies moyennes ou basses, de myopathies, ou d’hémiplégies. Il pourra aussi accompagner des gens avec des maladies neurologiques héréditaires comme Charcot-Marie-Tooth », explique l’ingénieur avec précision.

Pour répondre à toutes ces attentes, l’équipe a dû faire preuve d’inventivité. « L’exosquelette doit beaucoup au wanderbrain ». Un gros calculateur qui utilise des algorithmes pour effectuer les mouvements de la machine. « Le but de ces algorithmes est de se rapprocher le plus possible de la marche humaine », détaille-t-il.

C’est ce point qui rend la mission des ingénieurs difficile. « Le robot prend en compte de nombreux paramètres, mais pour la sortie au grand public, il reste encore quelques légers détails à régler », précise-t-il.  Par exemple, le fait que l’engin puisse franchir des trottoirs, monter des escaliers. Il doit être capable d’appréhender l’incertitude de la marche et rester stable si on le pousse. Il ajoute que « grâce à la beauté des algorithmes, tout cela sera bientôt possible » .

Le robot du quotidien

Ce que l’entreprise souhaite, ce n’est pas de créer « un véhicule, une sorte d’autolib », mais plutôt « un compagnon ». Un robot qui pourra « accompagner au quotidien les patients et qui deviendra, à terme, une partie intégrante de leur vie »« On veut que les gens se lèvent et puissent avoir une vie ordinaire », insiste Jean-Louis.

Il insiste, car comme plusieurs ingénieurs de l’entreprise, le handicap, il connaît. « Cette machine nous tient à coeur parce que ça nous concerne aussi personnellement. Nicolas Simon, l’un des fondateurs a plusieurs membres de sa famille atteints de la maladie de Charcot-Marie-Tooth. J’ai personnellement un fils de onze ans qui est en fauteuil », annonce-t-il.

Exosquelette Atalante, Dispositif d'aide à la mobilité développé par Wandercraft. © Wandercraft

L’exosquelette bientôt disponible ? ©Wandercraft

Proposer un nouvel exosquelette est aussi un pari risqué. Le marché compte déjà de bons prototypes. Cependant,  « certaines technologies dans le commerce commencent à vieillir ». Plusieurs d’entre elles nécessitent l’usage couplé de béquilles. Ils sont souvent instables et à force d’utilisation, les gens ont mal aux épaules ou ne peuvent même pas ouvrir une porte.

« Avec notre machine, on s’adapte aux problématiques du corps humain. On essaye aussi d’être le mieux préparé au monde d’aujourd’hui, qui lui, ne l’est pas pour les handicapés », poursuit le roboticien.

Pour en arriver à ce stade, Wandercraft a pu profiter du soutien de la Banque publique d’investissement, du groupe en robotique Gorgé mais aussi de Xavier Niel, fondateur de Free ou de Marc Simoncini fondateur de Meetic.

Cet intérêt pour leur travail n’est pas anodin. Alors que l’entreprise possède moins de trente salariés, quatre d’entre eux sont médaillés internationaux en robotique. La confiance que portent ces actionnaires est bon signe pour la suite du projet. Le modèle grand public pourrait voir le jour d’ici un ou deux ans, mais aucun prix n’est encore avancé pour l’instant.

« Je suis persuadé que ce robot changera la vie de nombreuses personnes, le pays est mal adapté et il y a un réel besoin », conclut-il. Bientôt, Wandercraft espère pouvoir afficher fièrement son slogan sur la place publique « ordinary life for extraordinary people ».

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